"Ils viennent de l’eau, du brouillard, des légendes,
chevaux noirs dont il fallait craindre les offrandes.
On disait le kelpie magnifique et docile,
jusqu’à ce qu’il vous entraîne vers un royaume immobile.

Mais d’autres chevaux ont réellement vécu ici,
loin des contes chuchotés lorsque tombe la nuit.
Ils tiraient les barges de charbon et de fer,
mettant leur force au service des hommes et de la terre.

Andy Scott a réuni ces deux mémoires dans l’acier :
le monstre des eaux et l’animal familier,
la créature qui emporte et celle qui construit,
l’ombre des mythes et la force de l’industrie.

Au crépuscule, leurs corps deviennent lumière,
comme si un courant ancien remontait de la rivière.
Les pylônes prolongent cette étrange connexion,
entre puissance animale, imaginaire et tension.

Deux histoires circulent sous une même armature :
l’une appartient aux hommes, l’autre aux murmures."

The Kelpies à Falkirk en Écosse, sculptures illuminées se reflétant dans l’eau, photographie d’Anthony Leclerc.
The Kelpies à Falkirk en Écosse, sculptures illuminées se reflétant dans l’eau, photographie d’Anthony Leclerc.
The Kelpies, Ecosse
Mon point de vue
Chaque photographie commence quelque part.
Cette carte vous emmène à proximité de l'endroit où je me suis installé pour saisir cet instant.

Dressés près de Falkirk, entre les eaux du canal et les anciennes terres industrielles écossaises, les Kelpies sont deux gigantesques têtes de chevaux en acier imaginées par le sculpteur Andy Scott.

Inaugurées en 2014, hautes de 30 mètres et pesant plus de 300 tonnes chacune, elles doivent leur nom aux kelpies, créatures du folklore écossais capables de prendre l'apparence de chevaux pour attirer les imprudents dans les profondeurs de l'eau.

Pourtant, l'inspiration de l'artiste est bien plus terrestre. Ses sculptures rendent hommage aux puissants chevaux de trait, notamment les Clydesdales, qui tiraient autrefois les péniches sur les canaux et participaient au développement agricole et industriel de l'Écosse.

La légende rencontre ainsi l'histoire, tandis que l'acier remplace la chair et que l'électricité donne vie à ces géants lorsque tombe la nuit.

Sur ma photographie, leurs silhouettes illuminées se dédoublent dans l'eau. Non loin, les lignes électriques rappellent que la puissance a changé de visage.

Autrefois animale, aujourd'hui électrique, elle continue de parcourir ce paysage. Un courant alternatif entre deux époques.

Courant alternatif

Et si cette histoire trouvait sa place chez vous ?

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