En amont de Laval
Après dix ans loin de la Mayenne, je redécouvre Laval à travers la photographie et la pose longue, avec Notre-Dame d’Avesnières comme point de départ.
HISTOIRE DERRIÈRE LES PHOTOGRAPHIES
Anthony Leclerc
10/31/20261 min read


Je suis né à Laval, mais je n’y ai vécu que jusqu’à l’âge de deux ou trois ans. Je n’en garde donc pas vraiment de souvenirs d’enfance. C’est surtout à l’adolescence que j’ai découvert la ville, ses rues, ses monuments et les bords de la Mayenne.
Puis nous sommes parti vivre une dizaine d’années en Dordogne.
Lorsque nous sommes revenus en Mayenne, nous nous sommes installés à Laval. Je retrouvais ma ville natale, mais avec quelques années de plus et surtout un regard différent. Entre-temps, il y avait eu l’Écosse, ses paysages, ses ciels changeants et ma découverte plus approfondie de la pose longue.
Je revenais donc avec mes filtres ND dans le sac et l’envie d’appliquer ce nouveau regard à des lieux beaucoup plus familiers.
Notre-Dame d’Avesnières s’est naturellement imposée.
Pour beaucoup de Mayennais, la basilique fait presque partie du décor. On la connaît, on passe devant, on l’aperçoit depuis l’autre rive. Et c’est justement là que commence la difficulté : comment photographier autrement un lieu que tout le monde a déjà vu ?
Ce jour-là, la réponse était dans le ciel.
Les nuages avançaient suffisamment vite pour que la pose longue puisse les transformer. J’ai installé le trépied, placé mes filtres et construit l’image autour de cette opposition : la basilique immobile, ancrée dans la pierre, et le ciel en mouvement.
Puisque Notre-Dame d’Avesnières ne pouvait pas bouger, j’allais faire danser les nuages autour d’elle.
Le noir et blanc s’est ensuite imposé, avec un traitement volontairement marqué. Je voulais donner du poids au monument et laisser le mouvement du ciel renforcer encore cette impression de permanence.
En revenant à Laval, j’avais finalement ramené avec moi un peu de mon expérience écossaise.
La ville n’avait pas réellement changé.
C’était simplement moi qui avais appris à la regarder autrement.
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