Lacock Abbey, une petite fenêtre dans l’histoire de la photographie

Découverte du musée dédié à l'un des pionniers de l'histoire de la photographie : William Henry Fox Talbot

Anthony Leclerc

8/11/20263 min read

En août 1835, Talbot dirige l’un de ses appareils vers une fenêtre à petits carreaux de Lacock Abbey.

Il laisse la lumière entrer et attend environ 1 à 2 heures.

Sur le papier apparaît une petite image négative d’à peine 3,6 × 2,8 cm.

Une simple fenêtre.

Ce morceau de papier est aujourd’hui considéré comme le plus ancien négatif photographique sur papier réalisé avec une chambre photographique qui nous soit parvenu.

Nous avons visité Lacock Abbey un peu par curiosité, parce que nous étions dans le coin et que le lieu semblait valoir le détour. Je savais qu’il y avait un musée consacré à la photographie, mais j’avoue que je ne connaissais pas vraiment l’histoire de William Henry Fox Talbot.

Et pourtant, en tant que photographe, j’aurais peut-être dû 😋

Talbot a vécu ici et fait partie de ceux qui ont écrit les toutes premières pages de l’histoire de la photographie. En 1833, alors qu’il essayait de dessiner des paysages pendant un voyage en Italie, il aurait eu une idée toute simple : plutôt que d’essayer de reproduire ce qu’il voyait, pourquoi ne pas laisser la lumière le faire elle-même ?

De retour à Lacock, il expérimente avec du papier rendu sensible à la lumière grâce à des sels d’argent.

Ses premiers appareils sont étonnamment simples : de petites chambres photographiques en bois, surnommées « mousetrap cameras », les appareils « pièges à souris ».

L’un d’eux est exposé aujourd’hui au Fox Talbot Museum.

Difficile, en le regardant, d’imaginer la révolution qui se préparait à l’intérieur de cette petite boîte.

Talbot n’est pas le seul à chercher comment fixer une image. Avant lui, Nicéphore Niépce avait déjà réussi à obtenir une photographie permanente et Louis Daguerre développa ensuite le daguerréotype.

Mais Talbot emprunta une voie déterminante pour l’avenir de la photographie. Son procédé permettait d’obtenir une image négative, puis d’utiliser celle-ci pour réaliser plusieurs images positives.

En 1841, il perfectionna et breveta son procédé sous le nom de calotype. Le principe négatif-positif était installé. Il allait accompagner la photographie argentique pendant plus d’un siècle.

Cette fenêtre existe toujours.

Je l’ai photographiée à mon tour lors de notre visite.

Près de deux siècles séparent donc l’image de Talbot de la mienne. Les appareils n’ont plus grand-chose en commun, mais le principe reste familier : choisir un cadre, faire entrer la lumière et lui laisser suffisamment de temps pour former une image. Forcément, pour quelqu’un qui a choisi « L’art d’arrêter le temps » pour parler de sa photographie, l’endroit possède une résonance particulière.

Et tout cela a commencé ici par une image minuscule.

Une simple fenêtre. Une fenêtre qui, finalement, ouvrait sur toute l’histoire de la photographie.

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